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mercredi 28 mai 2008

si vous pouviez faire levier, je pourrais m'introduire

Une autre blogochaîne d'une grande utilité et carrément passionnante, chouravée ici, via un lien chez Embruns : une liste introspective de contradictions, donc. On est censé en faire 5, mais devinez quoi ? yen a 8. Folie !

1 – quelque chose dans mon esprit tique légèrement à chaque omission de subjonctif imparfait appelé par la concordance logique, alors que, soyons honnêtes, je suis assez incapable de prononcer une phrase complète correcte – attribuons cela, complaisamment, à ma fréquente peur de mal faire et de mal être et de décevoir, qui me bloque le système nerveux responsable de la syntaxe.

2 – je suis, je ne sais trop comment, à la fois plutôt crédule et naïf, et formidablement introspectif au jour le jour, soit suspicieux. Je crois que je me vois croire, ou fermer les yeux, et que je ne m'en formalise pas.

3 – toujours subversif, un peu mythomane même pour l'être, autant que possible centre de l'attention ; mais résolument casanier, et les combats – du quotidien comme du monde – m'ennuient.

4 – casanier et agoraphobe, ça ce n'est pas contradictoire (vous saviez que l'agoraphobie pouvait être aussi le contraire de la claustrophobie, soit la peur des grands espaces ? Si non, croyez-moi, je vous le dis. Si oui, attention derrière toi, un orignal), par contre amoureux des bains de foule, et méprisant de tous, et timide, ça ça peut l'être (mais casanier et timide, non. Ça sert à rien, de lister les contradictions, en fait, dans l'homme il s'agit toujours de paradoxes.)

5 – je suis si attaché au refus de tout principe que ça finit par en devenir un principe. Je sais, c'est un gag-adage du sens commun. Il n'empêche. L'important dans cela vient de cette bataille perpétuelle avec Sinelune, qui, elle, solide et implacable de principes précis, inextricables et inexorables, m'en cherche à chaque tournant, telle la gale cherchant la bouffée de vie saine et sociale, mais avec moins de succès. Je suppose que cela fait de moi un pragmatique convaincu ; ou bien, comme j'aime à le croire, une victime de son trop-plein d'amour. (Crédible, hein ?)

6 – mon rapport à l'amour est d'ailleurs en lui-même contradictoire. Comment être à tel point lucide et désillusionné que j'en choisis, décide, commence mes amours – il s'agit ici de mes emphases à sens unique, pour l'instant les seules préoccupantes – ; que j'en prévois et attend la fin, parfois ; que j'en saisis presque immédiatement la relativité ; et pourtant tout entier dans celles-ci, emporté, enlevé, disparu, profond, sincère, pitoyable, fusionnel, fidèle ?

7 – comme c'est intéressant je vais continuer. Je veux de l'argent, j'en ai besoin de beaucoup. En partie parce que j'y crois malgré tout ; en partie aussi parce que je n'ai pas encore appris à le compter. Pourtant, je suis amoureux des punks. J'en veux un à la maison, drogué enchaîné et tout... miam. À défaut, un petit tecktonik des banlieues, avec des tas de dessins sur le crâne, le slim trop bas, l'épilepsie chronique et la queue épaisse, ça peut passer.

8 – (je ne fouille pas n'importe où pour en trouver huit, promis) (au contraire, je sélectionne ardemment) (non parce que sinon je pourrais très bien sortir : Mes auteurs préférés sont Mallarmé, Lolita Pille, Pratchett, Racine, JKR, Valéry, Nothomb, etc.) (mais non, donc) Donc 8 – disais-je : sur une dénonciation originale de Sinelune : je fais un gros complexe d'infériorité par rapport aux gens, qui entraîne chez moi, par mécanisme d'auto-protection, la création d'un sentiment de supériorité, qui me fait dire que de toute façon je suis mieux, alors qu'au fond je pense que non. Pour être plus clair (toujours d'après Sinou), je pense vraiment que je suis mieux, mais aussi que non. (Je trouve que ce dernier élément me rend super sympathique.)


Cette chaîne est léguée à Blacky puisqu'il y a qu'elle qui prend mes chaînes, et à peu près qu'elle qui me lit d'ailleurs. Mes aïeux, ce blog est florissant.

mardi 31 juillet 2007

This Is Not a Love Song

Questionnaire honteusement dérobé chez Raph parce qu'il m'avait l'air excellent, et que j'ai toujours eu envie de faire ce genre de questionnaires inutiles.

Allumez votre baladeur iPod winamp iPod avec toute votre sélection et lancez la lecture aléatoire
Appuyez sur “suivant” pour chaque question.
Utilisez le titre de la chanson comme réponse même si ça ne veut rien dire. Pas de tricherie !
Commentez la réponse en faisant le lien avec la question.
Filez le boulet à 4 personnes.

Promis, j'ai pas triché, sauf que j'ai un peu ignoré les bandes-son de jeux vidéos dont tous les titres sont creux ou bien en japonais, ainsi que la plupart des chansons d'electro, parce que genre Passion, Clear, Always ou Days Go By, ça sert à rien et puis ça fait pas rêver.


1. Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?
Klaus Badelt (Pirates of the Carribean Soundtrack) – Skulls and Crossbones
Oui, je me sens un peu mort, aujourd’hui.

2. Irez-vous loin dans la vie ?
The Dresden Dolls – The Perfect Fit
Ce qui peut vouloir dire, ou que j’aurai parfaitement les qualifications requises pour répondre à toutes les attentes de la vie, ou que je rentrerai parfaitement dans le moule comme un mouton en pâte à modeler. Hmmm. Ou alors je serai une poupée punk ?

3. Comment vos amis vous voient-ils?
Céline Dion – Declaration Of Love
(Il me loupe pas, l’ordre de lecture aléatoire) …Eh bien, comme je préfère éviter de penser que mes amis me voient comme une chanteuse québécoise, on va dire qu’ils estiment que je pars trop dans mes tirades enlevées, et que je lis trop de Barbara Cartland, et aussi que je tombe tout le temps amoureux, ce qui, par contre, est vrai.

4. Allez-vous vous marier ?
Yo La Tengo – Watch Out For Me Ronnie
Je vais donc me marier avec Ron Weasley

5. Quelle est la chanson emblème de vos meilleurs amis ?
Taking Back Sunday – Follow the Format
En plus de suivre le format que la société leur impose, ce qui n’est pas très punk, ils ont pas super bon goût, ils écoutent de l’emo qui pue (et ils vont ramener le dimanche, je vous demande un peu, on est à peine mardi.)

6. C’est quoi, l’histoire de votre vie ?
The Libertines – Don’t Look Back Into the Sun
L’histoire de ma vie, c’est que je dois pas me retourner vers le passé, les souvenirs aveuglants qui brillent me brûleraient les yeux sur mon chemin de terre, tout ça parce que des fois je je suis libertine, je suis une catin

7. C’était comment, le lycée ?
Marilyn Manson – Scabs, Guns and Peanut Butter
Trois années de pure trépidance, donc.

8. Comment pouvez-vous avancer dans la vie ?
David Bowie – Boys Keep Swinging
Ben en dansant, tiens, comme tous les garçons !

9. Quelle est la meilleure chose à propos de vos amis ?
The Beatles – Help
La meilleure chose à propos de mes amis, c’est que quand je leur demande de l’aide, ils me répondent, la réponse viendra, petit scarabée. (j'aurais bien aimé un peu de Justice, là, pour le coup)

10. Quoi de prévu ce week-end ?
Lostprophets – Rooftops
Je pensais me balader un peu sur les toits

11. Pour décrire vos grands-parents?
Faithless – Insomnia [Blissy & Armand Van Helden 2005 Re-Work]
Ils sont insomniaques, sans foi (sauf une) ni loi (sauf deux), et sont très remixés.

12. Comment va votre vie ?
Good Charlotte – Predictable
Elle est toute prévisible (je veux pas dire mais je crois que mon iPod veut me filer subrepticement un méchant coup de déprime)

13. Quelle chanson jouera-t-on à votre enterrement ?
Françoise Hardy – Nous Tous
On rigolera bien, à mon enterrement : « ahaha, on va tous mourir comme lui »

14. Comment le monde vous voit-il ?
Bullet For My Valentine – The Poison
Euh…

15. Aurez-vous une vie heureuse ?
Tokio Hotel – Rette Mich
Je sais pas si l’apparition de Tokio Hotel à cet instant précis est particulièrement de bon augure quant à l’heureusité de ma vie. Les paroles font genre « Viens et sauve-moi, Je ne m’en sortirai pas sans toi, Viens et sauve-moi, Ça brûle au fond de moi », c’est vraiment méga encourageant

16. Qu’est-ce que vos amis pensent vraiment de vous ?
Elvis Presley – Ready Teddy
Mes amis pensent que je suis un petit nounours toujours prêt à…hm.

17. Est-ce que les gens vous désirent secrètement ?
Paris Avenue [ft] Robin One – In My Mind
Dans ma tête, oui, hahaha (ouin)

18. Comment me rendre moi-même heureux ?
Mylène Farmer – L’Amour n’est Rien
Ça devient carrément philosophique, là. Et flippant par le fait.

19. Qu’est-ce que vous devriez faire de votre vie ?
Kyo – Le Chemin
Je devrais parcourir le chemin, je devrais tenir la distance…

20. Aurez-vous des enfants un jour ?
Émilie Simon – Rose Hybride de Thé
Alors là… J’aurai une fille, que je nommerai Rose un soir de dépression cynique, et comme je suis assez peu procréateur, son autre parent sera en réalité un sachet Twinings. Il est probable que je ne lui annoncerai ce lourd fardeau génétique qu'à sa majorité, et qu'elle devra donc longtemps refouler sans comprendre ses pénibles pulsions sensuelles envers les petites cuillères.

21. Sur quelle chanson vous feriez un strip-tease ?
Scissor Sisters – Laura
Admettons. Et donc ? Probable que la dénommée Laura viendra se plaindre d’utilisation infamante et non déclarée de copyright en situation dégradante.

22. Si un homme dans une camionnette vous offrait un bonbon, que feriez-vous ?
Jean-Jacques Goldman – Pas L’Indifférence
Il ne me laissera pas indifférent. (Ce qui m’étonne, parce que moi, d’habitude, les camionneurs, pas du tout)

23. Qu’est-ce que votre maman pense de vous ?
Britney Spears – One Kiss From You
Elle pense, comme toutes les mamans, que je ne lui donne pas assez de bisous, et que j’écoute de la musique de merde

24. Quel est votre plus sombre secret ?
Claude François – Le Lundi Au Soleil
Je l’avoue, quelquefois, aux tréfonds de mon stupre et de ma déchéance… j’écoute Claude François.

25. Quelle est la chanson emblème de votre ennemi mortel ?
Pen Of Chaos – Naheulbeuk, Épisode 14 : Dans Lequel On Chaussette, On Tabasse…
Finkielkraut, en fait, c'est carrément un marrant.

26. Quelle est votre personnalité ?
Manau – Panique Celtique
Je suis en réalité un wesh breton que tout le monde a un peu oublié

27. Quelle chanson jouera-t-on à votre mariage ?
Louise Attaque – J’t’emmène au Vent
Si c’est pas romantique… Ron va adorer.


Je ne refile pas spécialement ce questionnaire puisque je me le suis pris tout seul, alors bon. Mais si Blacky entre deux malades, Levia entre deux dessins ou Sinou entre deux glaces ont envie de s'y pencher, j'aimerais bien savoir ce que ça donne, surtout que je les ai jamais vues en remplir un seul.

Edit : Ah et au fait :


lundi 16 juillet 2007

How To Be Emo (part 1)

En tant qu'overemo plus ou moins malgré moi, je me dois de guider les jeunes en manque de style et les vieux en manque de repères, ou le contraire, sur la voie de l'emotitude. Voici donc une petite liste de recommandations essentielles pour appartenir à cette large communauté récente, réfléchie, très utile et aux revendications claires.
La dernière image provient de cet article génial,
les autres d'un peu partout


Être emo, c’est peindre en noir ses ongles manucurés tout en fredonnant Aqua,
c’est se suicider au Doliprane,
c’est porter des t-shirts badigeonnés de « FUCK CAPITALISM » à cent quarante-neuf euros,
c’est trois heures de coiffage maquillage pour ressembler à une rock star déchue en O.D.,
c’est parler sans cesse de la souffrance mais lutter contre celle des petits animaux,
c’est s’assortir tout entier aux Converse noires, pour être aussi différent que des milliers d’autres gens,
c’est aduler deux ou trois groupes aux noms dignes d’une chanson de Panic! At The Disco,
c’est savoir réciter quelques Walt Disney et se prendre pour Tim Burton,
c’est se battre pour les droits de n’importe qui sauf les laids,
c’est la rébellion par attaques de régulières trépanations capillaires,
c’est adhérer à cent mille codes pour devenir non-conformiste,
c’est s’asseoir dans le recoin le plus sombre et lugubre du Burger King,
c’est commander une salade végétarienne au même Burger King,
c’est prendre l’absence de sourire de la vendeuse dudit Burger King comme une attaque personnelle,
c’est inventer, outre un domaine où l’amour sera roi, une vingtaine de langages pour enfin n’être compris par personne et justifier l’achat d’antiques lames de rasoir,
c’est se croire dans un manga dès qu’on en a la coupe de cheveux,
c’est pousser l’androgynie jusqu’à prôner voire feindre la bisexualité,
c’est pousser l’anorexie jusqu’à porter les pantalons les plus stérilisants du monde,
c'est se demander ce que c'est d'être emo,
c’est n’avoir qu’un oeil, ou bien quatre,
c’est trouver des sens cachés à Harry Potter,
c'est citer Oscar Wilde à partir des Frères Scott,
c’est traduire Chateaubriand en sms…

Être emo, c’est aimer les habits aux messages profonds :

Être emo, c’est afficher une curieuse préférence pour les artistes qui s’appellent Jeff :

Être emo, c’est savoir apprécier les slogans philosophiques et les images fortes :

Attention, être emo peut également entraîner des effets secondaires notoirement dévastateurs :