1 – quelque chose dans mon esprit tique légèrement à chaque omission de subjonctif imparfait appelé par la concordance logique, alors que, soyons honnêtes, je suis assez incapable de prononcer une phrase complète correcte – attribuons cela, complaisamment, à ma fréquente peur de mal faire et de mal être et de décevoir, qui me bloque le système nerveux responsable de la syntaxe.
2 – je suis, je ne sais trop comment, à la fois plutôt crédule et naïf, et formidablement introspectif au jour le jour, soit suspicieux. Je crois que je me vois croire, ou fermer les yeux, et que je ne m'en formalise pas.
3 – toujours subversif, un peu mythomane même pour l'être, autant que possible centre de l'attention ; mais résolument casanier, et les combats – du quotidien comme du monde – m'ennuient.
4 – casanier et agoraphobe, ça ce n'est pas contradictoire (vous saviez que l'agoraphobie pouvait être aussi le contraire de la claustrophobie, soit la peur des grands espaces ? Si non, croyez-moi, je vous le dis. Si oui, attention derrière toi, un orignal), par contre amoureux des bains de foule, et méprisant de tous, et timide, ça ça peut l'être (mais casanier et timide, non. Ça sert à rien, de lister les contradictions, en fait, dans l'homme il s'agit toujours de paradoxes.)
5 – je suis si attaché au refus de tout principe que ça finit par en devenir un principe. Je sais, c'est un gag-adage du sens commun. Il n'empêche. L'important dans cela vient de cette bataille perpétuelle avec Sinelune, qui, elle, solide et implacable de principes précis, inextricables et inexorables, m'en cherche à chaque tournant, telle la gale cherchant la bouffée de vie saine et sociale, mais avec moins de succès. Je suppose que cela fait de moi un pragmatique convaincu ; ou bien, comme j'aime à le croire, une victime de son trop-plein d'amour. (Crédible, hein ?)
6 – mon rapport à l'amour est d'ailleurs en lui-même contradictoire. Comment être à tel point lucide et désillusionné que j'en choisis, décide, commence mes amours – il s'agit ici de mes emphases à sens unique, pour l'instant les seules préoccupantes – ; que j'en prévois et attend la fin, parfois ; que j'en saisis presque immédiatement la relativité ; et pourtant tout entier dans celles-ci, emporté, enlevé, disparu, profond, sincère, pitoyable, fusionnel, fidèle ?
7 – comme c'est intéressant je vais continuer. Je veux de l'argent, j'en ai besoin de beaucoup. En partie parce que j'y crois malgré tout ; en partie aussi parce que je n'ai pas encore appris à le compter. Pourtant, je suis amoureux des punks. J'en veux un à la maison, drogué enchaîné et tout... miam. À défaut, un petit tecktonik des banlieues, avec des tas de dessins sur le crâne, le slim trop bas, l'épilepsie chronique et la queue épaisse, ça peut passer.
8 – (je ne fouille pas n'importe où pour en trouver huit, promis) (au contraire, je sélectionne ardemment) (non parce que sinon je pourrais très bien sortir : Mes auteurs préférés sont Mallarmé, Lolita Pille, Pratchett, Racine, JKR, Valéry, Nothomb, etc.) (mais non, donc) Donc 8 – disais-je : sur une dénonciation originale de Sinelune : je fais un gros complexe d'infériorité par rapport aux gens, qui entraîne chez moi, par mécanisme d'auto-protection, la création d'un sentiment de supériorité, qui me fait dire que de toute façon je suis mieux, alors qu'au fond je pense que non. Pour être plus clair (toujours d'après Sinou), je pense vraiment que je suis mieux, mais aussi que non. (Je trouve que ce dernier élément me rend super sympathique.)
Cette chaîne est léguée à Blacky puisqu'il y a qu'elle qui prend mes chaînes, et à peu près qu'elle qui me lit d'ailleurs. Mes aïeux, ce blog est florissant.





