mercredi 5 novembre 2008

cortège (panique)

Mon amour est béant ; mon amour est un trou. Je recueille et j'aspire tout de vous, j'avale, il ne faut pour cela que votre présence. Je juge avec délices, mais je n'ai pas de valeurs, on ne m'a jamais fait de mal, dans les pires des cas je m'en suis chargé, dans tous les cas je bée à tout vouloir de vous, presqu'à tous vous vouloir. Je vous vois chacun entier, sans distinctions c'est vous, et indistincts aussi... Je ne sais pas juger, sinon en beauté ou en bêtise, c'est pour cela que j'aime tant qu'on me juge. Je voudrais savoir combien de visages mon coeur veut. Je veux ce que de loin je pourrai vous voler. Vous êtes tous, là, beaux, autres, oui.

Comment pourrais-tu ou peux-tu m'aimer, être autre ? Comment peux-tu être autre que moi ? Dans quelle mesure existez-vous sans moi ? Que signifie cette troublante altérité ? Qu'est-ce que cette intrusion, comment est-ce possible, puisque je suis le trou et vous êtes la vie ? Pourquoi dois-tu aimer, toi, je ne comprends pas ?

Il n'y a rien de toi à moi. Je ne veux pas mourir. Pourquoi acceptes-tu de mourir, être autre ? Pourquoi te satisfais-tu de mourir ? Pourquoi n'as-tu pas lu Ionesco ? Où est ton je, que fait-il seul, pourquoi l'as-tu abandonné ? Qu'est-ce que l'espoir pour toi, est-ce le dernier recours, le premier, le seul, ou le plus gênant ? Où n'as-tu pas lu que se battre aussi c'était accepter ? qu'un pamphlet c'était un moment, que peut-être on le republierait, ce qui inclut un futur, ce qui inclut ton passé ? Pourquoi passez-vous ? Pourquoi passé-je ? Pourquoi tenté-je de laisser en vous quelque chose de même qu'en moi vous laissez toujours quelque chose alors que face à vous je ne suis rien ? Pourquoi acceptez-vous que j'aie besoin de vous, pourquoi m'efforcé-je à ce que vous me vouliez ? Je n'ai rien à donner, rien à laisser, je n'ai que les mots par lesquels je n'aime rien tant que dire le rien ? De quelle utilité mes mots vous peuvent-ils être ? Ils sont à moi, je vous les offre, mais où sont-ils à côté de la vie ?

Comment ai-je pu lire sans doutes, sans détours dans ton regard un tel vrai voeu vers moi ? Peut-être même trois fois ? Comment ne peux-tu pas comprendre que je ne t'ai rien apporté parce que je ne voulais pas que tu te rendisses compte que je n'avais rien à apporter parce que je n'ai jamais rien porté ? que je suis celui qui peut le plus ne rien t'apporter, de ta vie ? Comment suis-je ton passé ?

Pourquoi suis-je si référentiel cette fois ? Pourquoi ai-je besoin d'un visage, cette fois le tien ? Pourquoi cela prend-il si longtemps ? Que puis-je être pour toi, si je n'ai rien été pour eux ? Que peux-tu savoir de ce que tu fais sur moi ? Pourquoi suis-je avec vous ? Qu'avais-je fait pour vous ? Pourquoi ai-je pu vous approcher ? Pourquoi êtes-vous pour moi ? est-ce que je ne veux pas rester sans vous à chercher seulement ce que je peux atteindre ?


2 commentaires:

Levia a dit…

Vu que tu parles visiblement de tes amours, je me vois mal m’incruster et pourtant je le fais.
Jilian, je t’aime et je t’adore, non pas pour tes mots joliment manier mais pour TOI. Que tu le veuilles ou non, que tu le crois ou pas, tu es une véritable personne très complexe et pleine de chose en elle, de réflexion, d’avis, d’intelligence, d’humour, etc, donc de profondeur. Et je t’aime et je t’adore et je souhaite rester de prés ou de loin dans ta vie ^^
Bisou mon Jilou d’amour ^^

Jilian Essandre a dit…

Je parle un peu de mes amours, toujours, mais pas que.

Merci. Ça me touche...