jeudi 26 juillet 2007

la fin du monde était hier

Le jour de la récente Apocalypse, peu après l’aube, j’ai traversé les places de la Ville Rose avec appréhension, vacillant sous le poids ensommeillé de mon empressement, mon chemin de croix encouragé par l’enthousiasme d’un soleil qui se promettait bientôt cuisant. J’ai fini par atteindre, presque sans égarements, une petite échoppe anglaise, pour y extorquer un Septième Testament – ne m’étant pas montré capable d’attendre quelques heures supplémentaires pour recevoir l’exemplaire que j’avais préalablement commandé.

Le temps de rentrer à perdre haleine dans les ruelles dangereusement désertes et de trouver de quoi nourrir le Toulousain peu matinal, je me suis affalé, j’ai pris mon dernier souffle de ce monde et j’ai ouvert le livre.

Je suis prêt à jurer sur toutes les Reliques Mortelles qu’à la seconde précise où j’ai posé les yeux sur la page de garde, là où la dédicace anagrammait la cicatrice en forme d’éclair, le ciel a tremblé, et un éclair, justement, a transpercé la pièce.

L’orage a duré toute la journée…

J’ai lu, concentré, plongé, mais avec le Toulousain si près de moi, disons que je ne pouvais m’empêcher d’émerger toutes les deux ou trois pages : la lecture m’a pris quatre jours ouvrables.

J’ai éclaté de rire presque exactement toutes les vingt-cinq pages, le livre est calibré comme un épisode de Friends. Les scènes de danger soudain et de repos anxieux sont également habilement distribuées, plus ou moins équivalentes… J’ai moi-même régulièrement alterné les « oooh trop bien » et les « JE LE SAVAIS ! ». J’ai pleuré pages 544 et 552, et presque page 512, mais pas page 596 parce que bon hein, faut pas déconner.

Finalement, j’ai achevé l’ultime phrase et ses trois mots ridicules mercredi, vers les six heures du matin, pour refermer la couverture à peu près en même temps que ma valise. Le dernier tome, mon séjour et mon enfance étaient finis ; les adieux furent simples, faibles.

Et il ne resta plus que le dos du volume, cette lune pleine et ronde illuminant la façade du château d’une pâleur bleutée, cette dernière nuit, froide et sans étoiles, noire et claire, et cette dernière étrange et chaleureuse lueur qui s’échappe de la porte béante du château, vers on ne sait quel futur ouvert à tous les vents…


1 commentaire:

Black Sharne a dit…

Nice... (Nan, pas la ville, haha)